Vous en reprendrez bien un peu ?


Une mouche enfermée dans un verre vide et qui se tape contre les parois, voilà ce que je suis. Pire que cela ! Pour moi, humain, une seule vérité intangible résume ce qui m’anime, ce qui m’attend : la mort et rien d’autre.

Pour oublier cette cruelle réalité de ma condition, je passe le temps à courir après des illusions, à croire à des tas de choses, d’idées qui ne m’aident pas plus. Pire ! Je m’y accroche fermement comme le matelot au bastingage pour ne pas être emporté par la tempête. Mais à son instar, le combat intérieur que je mène est bien plus difficile car il est invisible et sournois . Il s’appelle le vide. Immense, étouffant, envahissant, il s’insinue dans ma tête d’occidental depuis quelques décennies maintenant.

Pour palier à ce qui me ronge, un maître-mot autour de moi. Heureux ! Etre heureux, à tout prix ! Tel est le leitmotiv du siècle où je survis dans un leurre permanent. Ne croire qu’au bonheur et vivre dans l’angoisse de ne pas le définir puis de ne pas le garder. Alors jouir. Coûte que coûte. Beaucoup. Toujours. Prendre. Recevoir. Ne plus savoir donner. Mais demander encore et encore. Pour posséder plus et longtemps. Accumuler, amasser, consommer, se divertir. Tout faire enfin pour chasser ce vide intense.

Mais il est là. Quand même. Quoi que l’on fasse. Il ronge l’esprit les soirs de cafard. Il se rappelle à nous sous forme d’abattement, sous forme de question.

A quoi bon ?

Une musique entêtante. Les montagnes et leurs aspérités. Un sourire sous un soleil éclatant. Une nuit d’amour partagée. Une nature exubérante et majestueuse. Une phrase bien trouvée. Des rires à pleurer. Les jolis mots d'un enfant.

A quoi bon ? A cela. Ces petits riens qui font tout.


Elodie TORRENTE


 

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