Tokyo de Mo Hayder

 Note : **           

 

Une anglaise en fuite des autres, à la recherche d’elle-même et d’une preuve de son équilibre psychologique bafoué. Un vieux professeur chinois exerçant à Tokyo pour des raisons plus obscures qu’il n’y parait.  Un jeune homme serviable, aux goûts étranges, gravitant dans les sphères nocturnes des Yakusas.  Tokyo, ses lumières,  ses tours et ses vestiges. Nankin et le passé décharné de la dernière guerre Sino-japonaise. L’horreur, le dégoût, le désir et la peur. Voici les ingrédients d’un thriller alerte et bien mené qui se lit aisément. Pour ceux qui aiment le genre, une vraie réussite. Les lectrices de Elle ne s’y sont pas trompées en décernant à Mo HAYDER son prix annuel.

 

 

              De mon côté, j’ai quelques mal à me reconnaître dans ce couronnement (est-ce parce que je ne suis pas abonnée à ce magazine ?). Même si je l’ai quasiment dévorée, impatiente que j’étais de dénouer le fil de cette intrigue au pays du Soleil Levant, j’ai ressenti au point final, un étrange goût de déjà lu. Certes, cette histoire ne m’avait jamais été contée et le parallèle entre passé désastreux et présent mafieux est assez originale pour m’avoir embarquée. Cependant, la construction littéraire pourtant réussie, est digne d’un Da Vinci Code ou d’un Mary Higgins Clark, digne d’un best-seller bien médiatisé. Une histoire bien ficelée. Un style identique à ce qui se fait communément. Rien de transcendant pourvu que le roman se lise bien et… se vende bien.

 

 

             Personnellement et parce que je suis une obsédée textuelle, le style est important. Je rêve d’un livre où l’histoire serait aussi prenante que la forme serait originale. Un livre différent de tous les autres comme a pu l’être, par exemple et entre autres, Le Parfum de Süskind, cette merveille de la littérature du siècle précédent.  Bien que mené tambours battants, Tokyo en est loin.  

 

             Pour autant,  je remercie Mo Hayder comme tous les autres auteurs qui répondent à la demande des lecteurs instrumentalisés par ce monde de profits. Grâce à eux, je sais ce qu’est le manque de personnalité dans un écrit. Mais aussi la montagne de travail qu’il me reste à abattre. Car, j’ai beau critiquer, je reconnais humblement qu’il est bien difficile d’écrire un Parfum.  Je m’y essaye. Süskind peut dormir tranquille. Il est loin d’être remplacé.

 


Elodie TORRENTE

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