D'autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère


D'autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère

Le mot de l'auteur :


« À quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari.
Quelqu'un m'a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n'écris-tu pas notre histoire ? C'était une commande, je l'ai acceptée. C'est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s'occupaient d'affaires de surendettement au tribunal d'instance de Vienne (Isère).
Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d'extrême pauvreté, de justice et surtout d'amour.
Tout y est vrai. »

Ce que j'en ai pensé :                                                              Note : ****

 

Avant le 8 mai 2011, je n'avais rien lu d'Emmanuel Carrère. Pourtant, ce n'était pas faute d'y avoir été incitée. Par mon ami des lettres, B., qui, après un voyage en train pendant lequel il avait découvert Un roman russe, me l'avait vanté, allant même jusqu'à m'assurer que ce roman me ressemblait... par la dureté des sujets choisis. Ayant des lectures en cours, je le mettais de côté, lui promettant de découvrir ce roman russe dès que possible. Entre temps, Alina Reyes, Jonathan Coe m'éloignèrent de Carrère jusqu'à ce que M., mon autre amie des lettres et surtout de l'orthographe et de la grammaire, lors de son séjour en ma modeste demeure, m'offrit D'autres vies que la mienne, dernier-né d'E.Carrère. Interpellée par la dernière de couverture que vous avez lue précédemment, j'abandonnais alors séance tenante Je te retrouverai de John Irving, peu convaincue par son début (bien que fan incontestée de son Epopée du buveur d'eau, du Monde selon Garp, De l'œuvre de Dieu, la Part du diable, tant de romans que je ne saurai que trop conseiller). Je le reprendrai plus tard. J'avais envie de lire ces histoires vraies.

 

Une semaine. C’est le temps qu'il m'a fallut pour terminer ces autres vies que la sienne. Celles, en filigrane, de l'auteur, d'Isabelle, sa compagne, de leurs enfants, de Philippe, Delphine, Jérôme et de la petite Juliette, la fille unique de ce jeune couple heureux, emportée par la vague. La vie aussi de tous ces touristes et Sri Lankais, après la vague. Puis en France, un an plus tard, celles d'Etienne, juge boiteux à Vienne, et ami de Juliette, belle-sœur de l'auteur, de Patrice, son mari et de leurs trois filles Amélie, Clara et Diane. Juliette, la sœur de la femme d'Emmanuel Carrère qui mourra d'un cancer.

Deux mortes. Le même prénom. Un roman. Vrai. Dur et tendre. Engagé dans la vie et lié à la mort. Un de ces romans qui ne laissent pas indifférent, qui donne matière à réflexion, qui permet de garder les yeux ouverts et, en définitive, qui rend heureux. L'auteur, en le vivant, en a fait les frais.

 

Alors oui, j'ai aimé D'autres vies que la mienne qui se lit avec emportement malgré les douleurs auxquels il renvoie. Cependant, et même si je ne saurai que trop vous enjoindre de le lire, je lui je reprocherais, dans sa forme, quelques rares tournures peu heureuses et un style parfois mal soigné. Peut-être est- ce cela la patte Carrère ? A vérifier dans Un roman russe. Mais, en attendant de l'ouvrir, c'est la féminité qui me propose de changer de destination pour toujours aller plus loin dans la rencontre de soi-même. De trouver le bonheur. Celui qui est si simple. Comme Monsieur Carrère mais avec des personnages bien différents. Histoire de changer de latitude. Histoire de découvrir d'autres manières d'aimer. Et si c'est tel que je l'imagine, promis, avec vous, je partagerais cette autre lecture bienfaitrice. 

 

Elodie TORRENTE


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Commentaires : 1
  • #1

    vincent LN (lundi, 06 juin 2011 17:17)

    moi j'aime bien e carriere son roman sur le medecin qui a assassine toute sa famille et Moustache aussi