Colique dans les prés
Les amitiés se font et se défont
Quant à la base elles sont infondées
Quand l'envie née de la raison
D'éviter cette solitude viciée.
Aujourd'hui elle lui dit qu'elle l'apprécie
Demain elle dira qu'il a fauté
Après demain qu'il l'a trahie
Et plus tard, qu'il est un enfoiré
Hier, il était pour elle un moins que rien
Aujourd'hui, leur amitié passe pour du vrai
Demain, il vivra très loin
De ceux qu'il dit aimer.
Ils sont ainsi ces faux amis
En demande, à ne rien donner
Ils apprécient quand les jours sont gris
Et s'envolent quand vient l'été.
Ainsi vont certaines relations
Un jour ici, le lendemain ailleurs
L'amitié en fonction des saisons
Et peu importe qu'il y ait des pleurs
Car, après tout, qui peut juger
Ceux qui ont trop besoin d'amour
Qui, plutôt que d'en donner
Le pique aux autres sans retour.
C'est une comptine sans prétention
Que je vous ai conté ici
Il n'y a là aucune illusion
Juste des idées prises dans les faits.
Alors amis, soyez heureux,
Un jour c'est blanc, demain sera noir
Et quand vous serez malheureux
J'aurai en moi toujours l'espoir
D'aimer des humains qui sont vrais
Et partagent avec moi, une belle histoire.
Elodie TORRENTE
A lire : Tempête
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Commentaires: 4
Didier (dimanche, 08 mai 2011 16:05)
C'est beau, c'est vrai ... c'est Elodie !
lau (lundi, 09 mai 2011 18:46)
et il y a des amitiés qui quoiqu'on dise ou quoiqu'on fasse sont vraies et restent malgré le temps qui passe... merci Elodie de ce joli écrit qui est come toi comme toujours Beau et Bien amené!
Cyrille (lundi, 09 mai 2011 23:56)
Les deux amitiés
Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)
Il est deux Amitiés comme il est deux Amours.
L'une ressemble à l'imprudence ;
Faite pour l'âge heureux dont elle a l'ignorance,
C'est une enfant qui rit toujours.
Bruyante, naïve, légère,
Elle éclate en transports joyeux.
Aux préjugés du monde indocile, étrangère,
Elle confond les rangs et folâtre avec eux.
L'instinct du coeur est sa science,
Et son guide est la confiance.
L'enfance ne sait point haïr ;
Elle ignore qu'on peut trahir.
Si l'ennui dans ses yeux (on l'éprouve à tout âge)
Fait rouler quelques pleurs,
L'Amitié les arrête, et couvre ce nuage
D'un nuage de fleurs.
On la voit s'élancer près de l'enfant qu'elle aime,
Caresser la douleur sans la comprendre encor,
Lui jeter des bouquets moins riants qu'elle-même,
L'obliger à la fuite et reprendre l'essor.
C'est elle, ô ma première amie !
Dont la chaîne s'étend pour nous unir toujours.
Elle embellit par toi l'aurore de ma vie,
Elle en doit embellir encor les derniers jours.
Oh ! que son empire est aimable !
Qu'il répand un charme ineffable
Sur la jeunesse et l'avenir,
Ce doux reflet du souvenir !
Ce rêve pur de notre enfance
En a prolongé l'innocence ;
L'Amour, le temps, l'absence, le malheur,
Semblent le respecter dans le fond de mon coeur.
Il traverse avec nous la saison des orages,
Comme un rayon du ciel qui nous guide et nous luit :
C'est, ma chère, un jour sans nuages
Qui prépare une douce nuit.
L'autre Amitié, plus grave, plus austère,
Se donne avec lenteur, choisit avec mystère ;
Elle observe en silence et craint de s'avancer ;
Elle écarte les fleurs, de peur de s'y blesser.
Choisissant la raison pour conseil et pour guide,
Elle voit par ses yeux et marche sur ses pas :
Son abord est craintif, son regard est timide ;
Elle attend, et ne prévient pas.
// Merci cousine ...
Elodie TORRENTE (mardi, 10 mai 2011 09:02)
Merci Lau... comme toujours, tu vises juste.
Merci Cyrille, car même si tu n'es pas mon cousin, tu mets de l'eau à mon moulin ;)