Toutes les mêmes !

 

  - Eh, tu sais quoi, ma belle ?

 


-         -  Non. Dis.


-          - T’es quand même super intelligente. Pour une fille.


-          - Ah ? Parce que les filles ne sont pas intelligentes, pour toi ?


-          - Ben non. Pas souvent


-         -    Bon


-          - Ben quoi ? C’est vrai ce que je te raconte. Plus elles sont mignonnes et plus elles sont crétines. Regarde les blondes. Ce n’est pas moi qui ai inventé ces blagues qu’on entend partout, quand même ! Et si ça marche tant c’est qu’il doit, me semble-t-il, y avoir un fond de vérité.


-          - Si tu le dis.


-         -  Ben quoi ? T’as pas l’air d’acquiescer. Tu ne fais pas la tronche quand même ?


-          - Non, non.


-         - Mon œil, tiens ! je vois bien que t’es vexée. J’vois pas pourquoi. Je te dis que toi, justement, t’es bien différente de toutes les autres. T’es belle et en plus, intelligente. Les copains vont pas en revenir. Et ça, crois-moi, c’est ton assurance pour l’avenir.


-          - Ah oui ?


-          - Ben oui. Moi, tu sais les meufs, en général, ça passe plus que ça ne reste, dans ma vie. Mais toi, je ne sais pas pourquoi, je sens que tu vas rester plus longtemps que les autres. En plus, côté plumard, je me demande bien où tu as appris tout ça, car, bon Dieu, t’es une sacrée cochonne ! Et ça, beauté, ce n’est pas rien pour moi. Enfin dans l’idée que je me fais de la femme de ma vie.


-         - Et tu crois que je peux être la femme de ta vie ?


-          - Ben c’est évident. T’es belle, intelligente, sympa, que demander de plus ? Avec un type comme moi, qui peut te donner tout ce que tu as toujours voulu dans la vie grâce à mes moyens immenses,   tu ne peux qu’être emballée par cette idée. D’autant qu’ avec ce que je t’ai mis cette nuit encore, je crois que mes preuves sont faites, ma chérie. Allez avoue.


-          - Avouer ? D’accord. Donc, effectivement tu as un visage magnifique, t’es blindé et tu baises comme un dieu, mais ce n’est pas suffisant. Il te manque l’essentiel. Tu sais, ce truc que tu dis être si souvent absent du cerveau des belles filles ? Alors, et puisque tu l’as dit toi-même, il paraît qu’à l’instar des autres, moi, je n’en manque pas, il serait très idiot de rester avec toi. Par conséquent et puisque la matière grise, l’élégance et le savoir-être sont loin de faire partie de tes qualités, je vais te laisser là.


-          Mais, Véro, qu’est-ce tu fais là ? Tu ne peux pas partir comme ça. Après ce que je viens de te dire. Je veux que tu sois ma femme, Véro. T’as pas compris ? Je sais, je ne sais pas trop exprimer ces choses-là, mais bon, c’est ça. Je veux qu'on se marie ! Reviens. Allez Véro, reviens. Bon, Véro, maintenant, tu reviens ! Non, mais je rêve ! Elle s’est cassée ! Quelle conne ! Putain, et moi qui la croyais intelligente ! Enfin, si elle est trop crétine pour passer à côté de moi, qu’est-ce que je peux faire, hein ?

 


Elodie TORRENTE

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