Les fleurs de cendre
Qu’attends-tu encore depuis toutes ces années ? Rien, rien, ne viendra de ce côté-là. Regarde-les s’agiter en tout sens sans jamais voir ton âme aux cendres stériles. Tu es là, affolée, comme une bestiole que l’on écrase à moitié et qui vit. Pourtant. Cet oxygène que tu prendrais à pleins poumons si on te l’offrait une nouvelle fois, es-tu capable de l’absorber en toi, de t’en repaître des années durant ? Peux-tu le faire croître dans les compromissions qui t’éloignent toujours plus de ce que tu es? Peux-tu l’alimenter comme un feu mourant et toujours le faire renaître sans jamais te sentir acculée par la manœuvre ? Sais-tu la patience et le courage qui en découle ? Non ! Tu dis oui, tu te persuades, tu évites cette culpabilité qui te ronge et t’enfonce un peu plus dans l’abîme de tes profondeurs insondables, mais tu sais mieux que moi ces lucidités-là. Vas-y, débats-toi, crie, pleure, gémis ou haï-moi. Rien n’y changera. Ta course furieuse est perdue d’avance. Mais c’est la tienne ! Ce tourbillon insensé qui te brûle les chairs, et te noie dans des larmes de sang, c’est le résultat de ces années aveugles à te fuir face à eux, à ne rien leur pardonner mais à les aimer pour qu’ils t’aiment, à donner pour recevoir, à prendre sans donner, à tromper pour mieux voler de tes propres envies. Victime de la société qui t’a vue naître, comme elle, tu consommes le plaisir, tu t’y vautres comme dans un lupanar, t’abreuvant toujours plus de ses illusions au point de ne plus apprécier que les cieux les plus hauts perchés. Ton regard alors est aveugle à l’essentiel, la main qui te porte, l’esprit qui te comprend, les yeux qui te voient tel que tu es vraiment. Vivre à cent à l’heure est ton moteur. Prendre le temps de déguster, une hérésie pour toi. Tes ailes sont brûlées, ton âme est meurtrie et tes yeux sont gonflés ? Laisse passer le temps pour une fois. Pour une fois, laisse couler ces larmes sur tes joues, et encaisse cette mort programmée, ce deuil souhaité, cette absence déjà depuis longtemps consommée.
Le bonheur est en toi. Personne n’y pourra jamais rien. Tu es bien impuissant. Tes larmes sont aussi bénéfiques que nos rires anciens. Cristallins, ils reflètent la vie qui coule en toi. Avec et sans moi. Que tu le veuilles ou pas.
Elodie TORRENTE
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Commentaires: 5
Fanch (mardi, 24 mars 2009 14:44)
Le bonheur, on ne le trouve pas, on le fait. Le bonheur ne dépend pas de ce qui nous manque, mais de la façon dont nous nous servons de ce que nous avons.
Arnaud Desjardins
PS on y arrivera :-D
Hovannes (vendredi, 17 avril 2009 16:42)
Sourde est la douleur aux mots... la profondeur de l'abime ou je fuis, m'attire tel un aimant.
Puisses alors la force de l'amour m'éclairer dans la nuit.
Fiat lux...
Amicalement votre
Alain kraft (mardi, 21 avril 2009 17:37)
Trés jolie et plein de vérité
Alain
Patric Rochedy (dimanche, 15 mai 2011 20:18)
"le bonheur est en toi"
rien de plus simple! Tout est là.
Elodie TORRENTE (lundi, 16 mai 2011 09:44)
Oui. L'essentiel en tout cas ;)